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En 1996, une nouvelle page devait s'ouvrir pour le Vicariat de Jérusalem, avec la prise des fonctions de Vicaire patriarcal par Mgr Paul Sayah, nommé récemment archevêque maronite de Haifa et de Terre Sainte.
La communauté des fidèles Maronites de Jérusalem qui ne sont pas passés au rite latin, comprend 45 familles. Depuis 1950, l'autorité du Vicaire patriarcal s'est étendue à l'ensemble du territoire de la Jordanie (en 1974, on comptait 75 familles à Amman et à Zarka).
A. Les épisodes tragiques de la guerre du Liban (1975-1990) ont fait augmenter le nombre des familles Maronites en Jordanie. A l'heure qu'il est, Il n'existe pas de statistiques les concernant, mais on estime leur nombre à 145 (dont environ 110 à Amman et une quinzaine à Zarka), soit environ 1000 fidèles. Le Roi Hussein leur a offert 4 dunams pour la construction d'une église et d'un centre paroissial.
B. Le Patriarche Maronite Sa Béatitude Mgr Nasrallah Sfeir en a béni la première pierre en octobre 1998.
VI. Les Maronites De Terre Sainte En Dehors De Jérusalem
La présence des Maronites en Terre Sainte ne s'est pas limitée aux confins des Lieux Saints à Jérusalem. Jusqu'à très récemment, ceux parmi eux qui vivaient dans l'état d'Israël, relevaient encore de l'autorité du diocèse de Tyr dont la délimitation n'a pas varié, depuis sa fixation par le Saint-Siège le 26 février 1906. La décision pontificale précisait que du côté du Midi, le diocèse s'étendait jusqu'aux confins de la Palestine, le séparant de l'Arabie; De l'Est, il était limité par le Jourdain, du côté du lac de Houlé, jusqu'à la Mer Morte; De l'Ouest, il était limité par la Méditerranée, du côté de Sidon. Par la suite, il s'avère qu'une nouvelle page s'est ouverte en 1996.
A. JAFFA
Le chapitre premier de l'histoire de cette présence Maronite, semble remonter dans le temps jusqu'en 1099, avec l'arrivée des Croisés. (Azar manuscript) Une ère de stabilité durable commença alors sous les Ottomans, vers 1559. Mais cette présence ne revêtait à l'époque qu'un caractère individuel et quelque peu épars. Elle ne s'était organisée qu'au cours du 18e siècle, et plus probablement vers l'an 1800, avec l'affluence de plusieurs familles libanaises (de Bkassine, Saida, Gebail, Bikfaya, etc). Pour leurs besoins spirituels, ces Maronites s'adressaient aux prêtres latins, surtout qu'ils ne disposaient pas encore d'une église ou d'un couvent. Cette situation devait perdurer jusqu'en 1855, quand deux moines de l'Ordre Libanais Maronite, les Pères Abdel Ahad Matta et Libaos Karam, fondèrent un couvent et une église dans la vieille ville, près du port. En 1895, et grâce à la générosité de Madame Berna, le prêtre Antonios Shbeir Ghostaoui fit construire, sur une superficie de 1600 m2, une église et un nouveau couvent; De nos jours, ils continuent de servir de centre de vie spirituelle pour toute la communauté (22, rue Hadolfin). Plus tard, entre 1901 et 1920, l'église fut démolie afin d'être remplacée par un autre édifice religieux encore plus prestigieux. C'est au cours d'une grande cérémonie que la première pierre y fut posée, le 28.2.1904. (Baslm, July 1904: 489-491) Aujourd'hui, l'église y est encore. De même, l'Ordre Libanais Maronite possède une propriété à Jaffa, gérée par un moine délégué à cet effet. La communauté Maronite de la ville ne cessa de prospérer, jusqu'à compter quelques 600 âmes au début du 20e siècle, et 800 âmes en 1948 (à titre d'exemple, les familles Tyân, Barakât, Safadi, Hajj, Akiki, Maâdi, Hannouche, Jebji etc). Plusieurs membres de ces familles occupaient des postes importants dans l'administration. Mais suite à la guerre de 1948, beaucoup parmi eux émigrèrent, soit au Liban, soit à l'étranger. Le nombre de ceux qui y restent toujours, n'excède plus la soixantaine.
La liste suivante comprend les noms des moines responsables des Maronites de Jaffa : Pères Abdel Ahad Matta et Libaos Karam (1855-1875); Frère Marcos Roufael (1875-1895); Frère Antonios Shbeir (1895-1901); Frère Boulos Abboud (1901-1920); Frère Moubarac Tabet (1920-1932); Frère Boutros Francis Ghanem (1923-1930); Frère Moubarac Abou Sleiman (1930-1933); Frère Maroun Abi Karam (1933-1938); Frère Francis Ghanem (1938); Frère Boulos Meouchi (1938-1942) qui pour quelque temps, porta aussi le titre de Vicaire patriarcal de Jérusalem; Frère Athanasios Matar (1942-1945); Frère Youhanna Eid (1945-1947); Frère Abdel Ahad Chahine (1947-1957); Frère Yaacoub Raad (1957-1974); Frère Augustin Harfouche (1974-1996); Frère Elias Andari (1996-1998); Frère Jean Maroun Moughames (1998-present). (Akiki 1988: 47-55)
B. NAZARETH
La fin du 13e siècle vît les Croisés perdre leur guerre, Nazareth fut alors vidée de ses habitants chrétiens qui furent remplacés par des musulmans. La plupart des chrétiens de l'actuel Nazareth sont originaires du Liban (Maronites et latins) et du Hauran (grecs orthodoxes et catholiques). (Assad 1924: 205) En 1620, Les Franciscains y "obtinrent de l'Emir Fakher-ed-Dine, Prince du Liban, dont l'autorité s'étendait jusquà cette localité, la permission de prendre possession de la grotte de l'Annonciation. Ils commencèrent à bâtir l'église actuelle et le couvent qui fut élargi et restauré en 1730." En même temps, plusieurs familles du Liban vinrent s'établir dans la ville. Le Patriarche leur envoya Benyammine al-Hednâni (de Ehden), ancien élève du Collège Maronite de Rome. Prêtre marié, père de trois fils (Gabriel, Michel et Louis), il devint drogman des Franciscains; Toute sa famille l'a suivi et s'est installée à Nazareth y formant ainsi le premier noyau de la présence latine dans cette ville. (Assad 1924: 45 and 176) Il faut noter qu'avant l'arrivée des Croisés, il n'y avait pas de présence latine en Orient où tous les chrétiens étaient des orientaux. Les Latins qui y arrivaient comme pèlerins, retournaient dans leurs pays, aussitôt leur pèlerinage terminé. On entend parler d'eux et de leur hiérarchie en Orient, et particulièrement à Jérusalem, après la prise de la Ville Sainte par Godefroy de Bouillon. Les Latins d'Orient étaient des chrétiens orientaux. Le supérieur des Franciscains, Père Guardiano, "et moyennant un certain tribut qu'il payait au pacha d'Acre, jouissait du titre et de l'autorité de cheikh; Toute la ville était soumise à son pouvoir judiciaire et c'était lui qui résolvait les différends. Imitant la politique de leurs confrères de Jérusalem, les religieux employèrent cette influence afin d'augmenter le nombre de leurs fidéles." (Moubarac, 1984 : 258) En 1698 le Patriarche maronite y envoya un évêque pour collecter des dîmes; ils ne se laissèrent pas faire et en appelèrent à Rome par une lettre du 1er mai 1698. (texte dans Assad 1924: 255-256). Suite à ce désaccord entre l'envoyé du patriarche et les maronites de Nazareth, ces derniers se déclarèrent du rite latin.
En 1768, une autre note de discorde opposa le drogman Youssef Geries Shamma aux Franciscains qui voulaient empêcher un prêtre maronite de célébrer la messe dans l'église du couvent. Shamma et quelques fidèles décidèrent de réintégrer la juridiction maronite. Un d'entre eux partit en 1769 au Liban et obtint du Patriarche Youssef Estéphane la nomination d'un prêtre à la tête de leur communauté, en la personne d'un dénommé Louis, originaire de Qaïtoula. Sur le chemin du retour, le prêtre et l'émissaire laïc, tous deux passant par Acre, obtinrent de l'effendi de cette ville, cheikh Zâher al-Omar, un décret daté de 1770 et autorisant les Maronites de Nazareth à avoir leur propre prêtre. Dans ce décret, Zäher al-Omar dît explicitement : "Nous autorisons nos chers chrétiens Maronites de Nazareth de faire venir un prêtre de leur confession et qu'il ait sa résidence chez eux, qu'il leur construise une église et qu'il s'occupe de leurs affaires religieuses afin que leur situation soit stable autant que possible. Nous leur avons remis ce document, et le prêtre qui s'établira chez eux ne trouvera auprès de nous que bienveillance." On construisit une église sous le vocable de St-Antoine. Elle fut inaugurée en 1774 et honorée de deux bulles papales, l'une en 1786 et l'autre en 1868. (Mansour 1924: 62-63 and 176)
En 1853, les Maronites de Nazareth étaient au nombre de 220. Actuellement, ils sont au nombre de 1050. (Rorberts and Peña 1984: 216-222) Il est à signaler que ces dernières années, la chorale de la paroisse a remporté plusieurs prix israéliens pour ses chants religieux.
C. HAIFA
A Haifa se trouve la paroisse Maronite la plus nombreuse, avec environ 2400 fidèles. Le baptême d'un Maronite le plus ancien jamais célébré à Haifa, figure au registre des baptêmes des Pères Carmes et date de 1840. (Harfouche 1907: 823). L'église sous le vocable de Saint Louis-Roi, fut l'œuvre des deux frères Ibrahim et Salim Nasrallah Khoury. Les travaux commençèrent le 11 décembre 1883; les fondations furent posées le 12 janvier 1884 et l'exécution fut confiée au melkite Râji al-Qashqoush, de Haifa. Ils furent interrompus le 24 août 1885, repris en août 1887 et terminés en novembre 1889. Le 21 février 1890, l'archevêque de Tyr et Saida, Mgr Pierre Boustani, s'y présenta accompagné du premier titulaire de la paroisse, le prêtre Boulos ben Antoun Kassab, un Libanais de Zouk Mikael. Dimanche, le 23 février, au cours d'une liturgie eucharistique pontificale, l'archevêque procéda à la consécration de l'église en la présence de nombreux fidèles; L'autel et le baptistère furent consacrés dans l'après-midi du jeudi suivant, le 27 février 1890. Ultérieurement, lors de la visite pastorale de Mgr Choukrallah Khoury le 8 juillet 1906, le nombre des fidèles Maronites était de 700. (Harfouche 1907: 823).
D. AKKA
La ville porta différents noms : Ptolémaïs (3ème siècle av. JC), Acre, Acco ou Saint Jean d'Acre. Elle abritait le siège épiscopal titulaire; Ainsi Gabriel Aouad (né en 1700) fut nommé évêque titulaire d'Akka, le 2 avril 1724. (Sfeir 1994: 43) Les Maronites d'Akka, venant du Liban, s'étaient établis dans cette ville vers la fin du 17ème siècle. Parmi leurs pasteurs, il y eut le futur Patriarche Mikhael Fadel (de 1741 à 1753). Il reçut cette charge à l'âge de 21 ans, à peine après son ordination. Il fit preuve d'un zèle remaraquable, au service de la communauté Maronite. Il y construisit une église sous le patronage de la Sainte Famille, au début de 1750, probablement avec l'aide de bienfaiteurs français, comme le laisse entendre une inscription tombale : HIC JACENT OSSA J-B. LAFORCADE. Sous l'autel Saint Antoine de l'ancienne église, on retrouve une épitaphe en langue arabe, évoquant un certain dénommé Antoun, mort de la peste à l'âge de 22 ans, en 1732. L'évêque de Tyr, Choukrallah Khoury, la visita le 25 juin 1906; La visite pastorale avait duré douze jours durant lesquels il résidait chez le notable Ibrahim Nasrallah Khoury. L'évêque constata que beaucoup de maronites avaient déjà émigré vers l'Amérique; Seuls 120 fidèles étaient encore restés sur les lieux. (Harfouche Al-Machriq 1907: 822) Ils étaient au nombre de 185 à une date encore récente, et de 108 après l'installation de 80 personnes dans le village proche de Maker, il y avait juste quelques années.
E. JISH
Jish (Goush Halav) est un village proche de la frontière libanaise. Les Maronites y forment une grande paroisse qui compte 1400 fidèles. Leurs enfants y disposent d'un jardin tenu par les Sœurs Maronites de Sainte Thérèse. La construction de la nouvelle église paroissiale vient d'être achevée, sous le vocable de Notre Dame
F. ISFYA
Ce village du Mont Carmel abrite une petite paroisse de 159 fidèles dont la présence remonte au début de ce siècle. Mais y-a-t-il eu des Maronites à Isfiya, à une époque plus antérieure? En 1666, Père Francesco M. Polizzi, custode de Terre Sainte, adressait à la Congrégation de la Propagande un rapport sur les activités de la Custodie en Terre Sainte. Il y notait que Père Ludovico dell'Hospidaletto, supérieur de l'hospice d'Acre, avait découvert un village dans la montagne, à 15 milles de la ville, et dont les habitants sont tous des chrétiens Maronites, lesquels étaient privés des sacrements depuis cinq ans, suite à la fuite de leur pasteur. " J'ai aussitôt dépêché dans ce village un prêtre qui demeurait dans la Santa Casa de Nazareth. Ce prêtre familiarisé avec la langue arabe, leur administra les sacrements et en baptisa 62. Et j'ai ordonné que ce prêtre de Nazareth s'y rende chaque samedi, pour célébrer la messe le lendemain et les instruire dans la foi. Et il continuera ainsi"(Bagatti 1971: 109-110). Ce prêtre dévoué était Placido da Varallo qui vécut en Terre Sainte depuis 1636 jusqu'à la fin de ses jours. Agé de 77 ans, Il mourut de la peste à Jérusalem, le 19 juillet 1670. Le nom dudit village n'est pas précisé. Mais Père Bagatti l'identifie sans hésiter avec l'actuel Isfiya.
D'après une statistique de 1922, il y avait à Isfiya seulement sept Maronites, pour 107 melkites, six latins, 6 orthodoxes et 590 druzes. (Bagatti 1971: 110) En 1971, Mgr Joseph Khoury, évêque de Tyr, posa la première pierre de l'église paroissiale dont la construction fut menée à bien grâce aux efforts tenaces du Père Salim Soussan; Son inauguration solennelle eut lieu le 23 juillet 1989, sous le vocable de Saint Charbel. Isfiya qui faisait partie jusqu'alors de la paroisse de Haifa, fut érigée à cette date, en paroisse à part entière et eut dès lors son premier curé attitré, en la personne du Père Naji Yaacoub.
G. KFAR BAR'AM
Aussi serait-il injuste de passer sous silence le village Maronite de Kfar Bar'am (Bir'im ou Ber'em). Il est situé à 3 km de la frontière israélo-libanaise. Lorsque l'évêque de Tyr, Mgr Choukrallah Khoury, effectua une visite pastorale à ce village, le 8 octobre 1906, il constata que ses habitants "étaient des gens pieux. Conservant une vie simple, ils étaient réceptifs à tout ce qu'il y a de bien et accueillaient avec une avidité et une piété extrêmes les prédications que nous leur offrions". Le village comptait alors 500 habitants environ; Originaires de Hadath Jubbé, ils s'étaient établis là depuis 200 ans. Les Soussan étaient originaires du Kessrouan; Les Makhoul Abi Safi de Kleyat Marjeyoun; Les Maroun Turquié de Rmeich; Les Hanna Moussa de 'Aytanît; Les Sarrou' de Ser'el et Qaitoulé; Les Farah de Qaouzah; Les Diab de Bethléem; D'autres sont d'origine inconnue. (Harfouche 1907: 1034; Moubarac, Pentalogie II /1 1984: 253)
La veille de sa douloureuse disparition, Kfar Bar'am comptait 1050 habitants (recensement du 7 octore 1948). Le 29 octobre 1948, l'armée israélienne pénétra dans Kfar Bar'am. Une rencontre avec la population rassemblée dans l'église fut organisée. Le 31 octobre 1948, l'armée ordonna à la population de s'éloigner, dans les 48 heures à venir, à une distance de 5 km, en direction de la frontière libanaise. L'armée avait promis aux habitants qu'ils seraient de retour dans deux semaines, juste le temps du déroulement des opérations militaires à la frontière. Ils prirent cette promesse pour de l'argent comptant… Ils attendent encore aujourd'hui qu'elle soit tenue! Le 16 septembre 1953, le village fut dynamité. Les réfugiés ont dû se disperser dans Jish, Haifa et Akka. En 1985, on a retrouvé à Akka 30 personnes originaires de Kfar Bar'am. (Soussan 1986: 69; Ryan 1974: 66)
On a beaucoup écrit au sujet du drame de Kfar Bar'am. Néanmoins, le récit le plus complet, avec des photocopies de documents originaux à l'appui, a été rédigé par le curé Maronite de l'époque, Père Youssef Soussan. Son œuvre de 320 pages, intitulée Mon témoignage: Chronique bar'amite 1948-1968, a été publiée en 1986.
Un sort identique fut réservé au village Maronite de Mansoura dont les habitants sont toujours dispersés dans Fassouta, Eilaboun, etc. Ils suivent le rite melkite.
VII. Situation Actuelle
A l'aube du troisième millénaire, la présence Maronite en Terre Sainte se présente ainsi : D'après l'Annuario Pontificio 2000 (pages 5, 6 et 296) il y a trois juridictions Maronites en Terre Sainte:
- Archevêché de Haifa et de Terre Sainte.
- Vicariat ou Exarchat patriarcal de Jérusalem et de Palestine.
- Vicariat ou Exarchat de Jordanie.
Mgr Paul Sayah est actuellement titulaire de ces trois sièges. Les paroisses se répartissent comme suit :
- Ain Kynia : église Saint Georges.
- Acre et Maker : église du Rosaire.
- Haifa: église Saint Louis Roi.
- Isfiya : église Saint Charbel.
- Jaffa : église Saint Antoine.
- Jish : deux églises: Notre Dame et Saint Maroun.
- Nazareth : église de l'Annonciation.
- Jérusalem : église Saint Maroun.
- Bethléem : église Saint Charbel.
- Amman (Jordanie) : église Saint Charbel.
Le diocèse résidentiel de Haifa comprend 6 paroisses desservies par 5 prêtres diocésains, deux religieux de l'Ordre Libanais Maronite et neuf Sœurs; Quatre jeunes s'y préparent au sacerdoce. Ce diocèse compte 7060 fidèles environ, ainsi répartis : 1700 à Haifa qui a recueilli un bon nombre de réfugiés de Kfar Bar'am; 1350 à Jish où se sont installés aussi des réfugiés de Kfar Bar'am; 1350 à Nazareth.
Exarchat de Jérusalem : On estime le nombre de fidèles à 45 familles, soit 135 personnes, y inclus 4 familles à Bethléem, 7 à Beth Jala et deux à Beth Sahour et à Ramallah; Des Maronites se sont aussi dispersés dans Abou Dis, Beit Hanina, Sha'fat, Ar-Ram, etc.
Exarchat de Jordanie : 145 familles (un millier de fidèles environ) dont quelques 15 familles à Zarka.
De même, on ne peut pas occulter le rôle de l'Ordre Libanais Maronite qui depuis plus d'un siècle, est implanté à Jaffa dont il dessert la paroisse. Ainsi, c'est au 1er octobre 1982 que l'Ordre achète à Bethléem, à 170m de la grotte de la Nativité, un immeuble et le transforme en un foyer à l'usage des pèlerins, un ouvroir de couture et chapelle. A Jaffa, 50 appartements ont été construits pour faciliter le logement des familles; Le tout s'est fait sur un terrain appartenant audit Ordre.
Les Sœurs Maronites de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus sont présentes en Terre Sainte depuis 1981. Arrivées à Jérusalem le 23 septembre 1981, elles prennent en main la gestion du siège du Vicariat patriarcal qui, depuis, prend le nom de Beit Mor Maroun et sert essentiellemment à accueilir des voyageurs et des pèlerins. Plus tard, des Sœurs de Sainte Thérèse s'installent dans la paroisse de Jish où elles exercent une activité apostolique appréciée. Pendant un certain temps, elles vont s'occuper du Foyer Mar Charbel à Bethléem. Enfin, en l'an 2000, leur présence au nouveau siège de l'évêché à Haifa est fortement sollicitée.
Le schéma de la présence tant matérielle qu'active des chrétiens Maronites dans le pays du Christ, serait gravement incomplet sans l'évocation de la contribution remarquable mais discrète que l'église Maronite n'a jamais cessé d'apporter à la communauté catholique latine, et ceci depuis la restauration du patriarcat latin de Jérusalem en 1847. La solidarité avec l'Eglise universelle révèle l'aspect catholique de la communauté Maronite et son aptitude à l'adaptation, un de ses traits distinctifs traditionnels. (En l'an 2000 trois évêques d'origine maronite remplissent respectivement les charges de nonces apostoliques en Slovénie et en Grèce, et de vicaire apostolique latin de Beyrouth).
Nous retenons le rôle modeste joué par un Joseph Kablan Dahdah qui, depuis la fondation du séminaire latin de Jérusalem en 1853, y avait enseigné la langue arabe pendant 36 ans. Nous pensons à tous les prêtres Maronites qui n'ont cessé d'assister le patriarcat latin en tant que curés de paroisse : Père Joseph Aqel, prêtre maronite qui contribua à la fondation de la paroisse latine de 'Ader (village à 7 km au Nord Est de Kérak); Son successeur Père Sim'an Boutros (vers 1925-1935); Pères Joseph Dâher (1940) et Arsénios Ghostaoui (1940); Père Choukri Srour (1883-1953) qui servit le patriarcat latin à partir de 1910 comme curé à Smakieh, Beisan, Hosn, Beit Sahour, Bourka et enfin Gaza, jusqu'à sa mort le 9 septembre 1953; Il avait acquis la réputation d'un "nouveau Vincent de Paul", ayant publié catéchisme, paroissien et manuel de gymnastique; Père Boulos, curé de Taybeh (1879); Père Ghanimeh (de 1898 à 1907); Père Alfred 'Atiyeh, curé de Gifna; Décédé en 1989, il est l'auteur de la musique du Pater en arabe, une musique universellement répandue... Actuellement, nombreux sont ceux parmi eux qui se trouvent à la tête de grandes paroisses latines.
Nous pensons à la contribution de l'église Maronite à soutenir les différents instituts religieux latins, tant pour hommes que pour femmes. Nous pensons notemment au Père Doumeth, prêtre Maronite devenu dominicain, professeur d'arabe à l'Ecole Biblique dès 1890, du temps du Père Lagrange qui disait de lui: "Le R. P. Doumeth, prêtre Maronite universellement respecté à Jérusalem, avait pris l'habit de Saint Dominique à Saint-Maximin. Le Père Général voulait bien l'assigner à Jérusalem aussitôt après son année de noviciat. Il enseignait l'arabe qu'il maîtrisait très bien;" Nous avons une pensée particulière envers la congrégation indigène des Sœurs du Rosaire qui eut pour fondateur Père Youssef Tannous Yammine, descendant lointain du Maronite libanais Yammine venu d'Ehden à Nazareth en 1630. (Chomali 1992: 15)
Une ère de renouveau a été ouverte ces dernières années, en faveur des Maronites de Terre Sainte. Ceci s'explique par un événement tout récent, concernant l'église catholique en Terre Sainte, et qu'on pourrait bien qualifier d'historique. Il s'agit de la création de l'archevêché Mmaronite de Haifa et Terre Sainte, et dont le nom officiel en latin est : Ptolemaidensis Maronitarum in Terra Sancta. C'était un 8 juin 1996. Jusqu'alors, le territoire du nouvel archevêché était sous la juridiction de l'archevêque Maronite de Tyr, lequel nommait un Vicaire épiscopal résidant à Haifa ou à Jaffa. La situation nouvelle ne modifie nullement le statut du Vicariat (ou Exarchat) patriarcal de Jérusalem dont la juridiction s'étend à Jérusalem même, aux territoires autonomes palestiniens et au Vicariat de Jordanie.
Il est évident que la situation antérieure, due en partie à l'insécurité créée par l'état de guerre endémique dans le pays, compliquait la mission du ministère pastoral de l'évêque de Tyr auprès des fidèles de Terre Sainte. Il ne pouvait pas assurer une présence personnelle auprès d'eux quand les circonstances l'exigeaient. Visiblement, on ne pouvait plus maintenir la situation canonique du diocèse telle qu'elle fut instaurée par le bref pontifical du 26 février 1906. Plus tard, le synode de l'église Maronite et le Saint-Siège se sont rendus compte de la nécessité d'avoir un pasteur en permanence sur place, auprès de ses ouailles. Enfin, c'est ainsi qu'a été créé l'archevêché Maronite de Haifa et de Terre Sainte, le 8 juin 1996. Son premier titulaire, Mgr Paul Sayah, est une personnalité bien connue dans les milieux œcuméniques.
Le 5 octobre de la même année, un décret patriarcal nommait le même prélat Exarque patriarcal de Jérusalem et de Palestine et Exarque de la Jordanie. A Amman, l'évêque a travaillé en vue de rassembler les fidèles Maronites. Il est en train de leur construire une église sous le patronage de Saint Charbel, sur un terrain offert par le roi. Depuis la création du siège archiépiscopal de Haifa et de Terre Sainte, et dès lors que le titulaire réside effectivement dans son diocèse, l'église Maronite implantée dans le " pays natal " de Jésus semble promise à une vraie renaissance. Cet éclaircissement de la situation a déjà porté des fruits immédiats.
VIII. Conclusion
Au fil du temps, Mgr Sayah et ses prêtres, parviennent à insèrer le rôle de la communauté Maronite dans celui de toute l'église de Terre Sainte. C'est en fonction de cette réalité que leur contribution au synode de l'église catholique en Terre Sainte, en février 2000, a été remarquable. Bien qu'ils soient conscients de la spécificité spirituelle et culturelle de leur église, les responsables Maronites en Terre Sainte évitent tout repli sur soi, tout esprit de ghetto; Il faut dire que la longue expérience œcuménique de l'évêque y est pour beaucoup. Il ne néglige guère l'aspect " matériel " de sa charge : Il a réalisé des travaux de restauration des bâtiments du Vicariat de Jérusalem, et un étage supérieur y a vu le jour. Il a fait construire une résidence à Haifa. Toutefois il faut admettre que l'avenir de l'église Maronite en Terre Sainte n'en est pas moins fragile. Son devenir dépend essnetiellement du sort du reste des chrétiens. Le tout étant viscéralement lié au contexte régional très instable : La présence chrétienne doit y joindre le don de l'enracinement au talent de la mobilité; Elle doit faire preuve à la fois de presévérance mais aussi de souplesse; Son aptitude à l'adaptation doit l'immuniser face aux dangers des troubles politiques et économiques, comme ceux qui résultent d'une certaine recrudescence des courants fondamentalistes.
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